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L’université des va-nu-pieds

 
21 mars 2012
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Eric Luyckx

J’aimerais vous faire voyager dans un autre monde. Et j’aimerais partager avec vous une histoire d’amour longue de 45 ans avec les pauvres, qui vivent avec moins d’un dollar par jour. J’ai bénéficié d’une éducation très élitiste, snob, et coûteuse en Inde, et cela m’a presque détruit. J’étais prêt à devenir diplomate, professeur, docteur — tout était écrit d’avance. Et puis,on ne dirait pas, mais j’étais champion national de squash en Inde pendant trois ans. (Rires) Le monde entier était à ma portée. Tout était à mes pieds. Rien ne pouvait mal tourner. Et puis j’ai pensé par pure curiosité que j’aimerais bien aller vivre et travailler et juste voir à quoi ressemble un village.

Alors en 1965, je me suis rendu à ce qui était décrit comme la pire famine de l’état du Bihar en Inde, et j’ai vu la famine, la mort, des gens qui mourraient de faim, pour la première fois. Ça a changé ma vie. Je suis rentré chez moi, et j’ai dis à ma mère, "j’aimerais vivre et travailler dans un village." Ma mère sombra dans le coma. (Rires) "Qu’est-ce que c’est que ça ? Le monde entier est à tes pieds, les meilleurs emplois sont à ta portée, et tu veux aller travailler dans un village ? Je veux dire, qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?" J’ai dis, "Non, j’ai bénéficié de la meilleur éducation possible. Cela m’a fait réfléchir. Et j’ai voulu donner quelque chose en retour à ma manière." "Qu’est-ce que tu veux faire dans un village ? Pas de travail, pas d’argent, pas de sécurité, pas d’avenir." J’ai dis, "Je veux vivre et creuser des puits pendant cinq ans." "Creuser des puits pendant cinq ans ? Tu as été formé dans l’école et l’université les plus chères en Inde, et tu veux aller creuser des puits pendant cinq ans ?" Elle ne m’a pas adressé la parole pendant une longue période, parce qu’elle pensait que j’avais laissé tomber ma famille.

Mais après, j’ai été exposé aux connaissances et compétences les plus extraordinaires que les pauvres possèdent, qui ne sont jamais intégrées dans la structure éducative traditionnelle — qui ne sont jamais identifiées, respectées, appliquées à grande échelle. Et j’ai décidé de créer une Université des Va-nu-pieds — une université réservée aux pauvres. Cette université serait le reflet de ce que les pauvres considéreraient important. Je me suis rendu dans ce village pour la première fois. Les anciens sont venus à moi et m’ont demandé, "Est-ce que fuis la police ?" J’ai répondu, "Non." (Rires) "Tu as raté ton examen ?" J’ai répondu, "Non." "Tu n’as pas réussi à avoir un emploi au gouvernement ?" J’ai répondu, "Non." "Qu’est-ce que tu viens faire là ? Pourquoi est-ce que tu es là ? Le système éducatif en Inde porte votre regard sur Paris, New Delhi and Zurick ; qu’est-ce que tu fais dans ce village ? Y aurait-il quelque chose qui ne va pas chez toi que tu essayerais de nous cacher ?" J’ai répondu, "Non, en fait je veux lancer une université réservée aux démunis. Cette université serait le reflet de ce que les pauvres considèreraient important."

Alors les anciens m’ont donné un conseil très sain et très profond. Ils m’ont dit, "S’il te plait, n’accepte personne avec un diplôme et une qualification dans ton université." Alors ce sera la seule université en Inde ou, si tu as un Doctorat ou un Master, tu n’as pas le droit d’en faire partie. Tu dois être un dégonflé, un recalé, ou avoir abandonné les études pour venir dans notre université. Tu dois vivre de tes mains. Tu dois avoir une certaine dignité relative au travail. Tu dois faire preuve de compétences que tu peux offrir à la communauté et fournir un service à la communauté. Alors nous avons lancé l’Université des Va-nu-pieds, et nous avons repensé la définition du professionnalisme.

Qu’est-ce qu’un professionnel ? Un professionnel est quelqu’un qui possède une certaine combinaison de compétence, de confiance et de conviction. Un sourcier est un professionnel. Une sage-femme traditionnelle est un professionnel. Un potier traditionnel est un professionnel. Ce sont des professionnel qu’on trouve partout dans le monde. Vous les trouvez dans n’importe quel village isolé sur la planète. Et nous avons pensé que ces personnes devraient être largement reconnues et montrer que la connaissance et les compétences qu’elles possèdent sont universelles. Il faut utiliser, appliquer, montrer au monde extérieur — que ces connaissances et compétences sont utiles même aujourd’hui.

Alors l’université fonctionne selon les préceptes de vie et de travail de Mahatma Gandhi. Vous mangez par terre, vous dormez par terre, vous travaillez par terre. Il n’existe pas de contrats, pas de contrats écrits. Vous pouvez rester avec moi pendant 20 ans ou partir demain. Et personne ne perçoit plus de 100 $ par mois. Si vous venez pour l’argent, ne venez pas à l’Université des Va-nu-pieds. Vous venez pour le travail et le défi, vous viendrez à l’Université des Va-nu-pieds. C’est là que nous voulons que vous essayez de créer des idées. Peu importe l’idée que vous avez, venez et essayez-là. Ça n’a pas d’importance si vous échouez. Battu, meurtri, vous recommencez. C’est la seule université où le professeur est l’étudiant et où l’étudiant est le professeur. Et c’est la seule université où on ne délivre pas de diplômes. Vous êtes certifié par la communauté que vous servez. Vous n’avez pas besoin d’un morceau de papier à accrocher au mur pour prouver que vous êtes ingénieur.

Alors quand je dis ça, on me dit, "Et bien montrez-nous ce qui est possible. Que faites-vous ? C’est du baratin si vous ne pouvez pas nous montrer ce qui se passe concrètement." On a donc a construit la première Université des Va-nu-pieds en 1986. Elle a été construite par 12 architectes va-nu-pieds qui ne savent ni lire ni écrire, construite avec un budget de 1,50 $ par mètre carré 150 personnes vivaient là-bas, travaillaient là-bas. Ils ont gagné le prix Aga Khan d’architecture en 2002. Mais après ils se sont mis à douter, ils pensaient qu’il y avait un architecte derrière tout ça. J’ai dit, "Oui, ils ont fait les plans, mais les architectes va-nu-pieds ont réellement construit l’université." Nous sommes les seuls à avoir refusé la récompense de 50 000 dollars, parce qu’ils ne nous avaient pas cru, et nous avons pensé qu’ils remettaient réellement en doute la bonne foi des architectes va-nu-pieds de Tilonia.

J’ai demandé à un forestier — puissant, expert qualifié sur le papier — j’ai dit, "Que pouvez-vous construire à cet endroit ?" Il a jeté un bref coup d’oeil au sol avant de dire, "Même pas la peine d’y penser. Ça ne vaut pas le coup. Pas d’eau, un sol rocailleux." J’étais dans une situation délicate. Et j’ai dit, "D’accord, je vais aller consulter l’ancien du village et lui demander, "Que devrais-je faire pousser à cet endroit ?" Il m’a regardé en silence et a dit, "Construis ça, construis ça, ajoutes-y ça, et ça marchera." Voilà à quoi ça ressemble aujourd’hui.

Je suis allé sur le toit, et toutes les femmes se sont exclamées, "Hors d’ici. Les hommes ne doivent pas venir ici car nous ne voulons pas partager cette technologie avec eux. C’est l’imperméabilisation du toit." (Rires) Un peu de mélasse, un peu d’ortie et un peu d’autres choses dont je n’ai aucune idée. Mais au final, ça ne fuit pas. Depuis 1986, il n’y a pas eu de fuite. Cette technologie, les femmes ne la partageront pas avec les hommes.

(Rires)

C’est la seule université qui est intégralement alimentée électriquement par énergie solaire. La totalité du courant provient du soleil. des panneaux solaires de 45 kilowatts sur le toit. Et tout fonctionnera grâce au soleil pour les 25 prochaines années. Tant que le soleil brillera, nous n’aurons aucun problème d’électricité. Mais la beauté de la chose est que ça a été installé par un prêtre, une prêtre hindou qui n’a effectué que les huit premières années d’école primaire — n’a jamais été au lycée, jamais été à l’université. Je vous garantis qu’il en sait plus sur l’énergie solaire que n’importe quelle personne que je connaisse sur la planète.

Si vous allez à l’Université des Va-nu-pieds, on fait la cuisine à l’énergie solaire. Mais les personnes qui ont confectionné le four solaire sont des femmes, des femmes illettrées, qui en fait fabriquent un four solaire des plus sophistiqués. C’est un four solaire parabolique autonome. Malheureusement, elles sont presque à moitié allemandes, elles sont tellement précises. (Rires) Vous ne trouverez jamais de femmes indiennes plus précises que ça. Précises jusqu’au dernier centimètre, elles peuvent construire ce cuiseur. Et nous servons 60 couverts deux fois par jour avec ce four solaire.

Nous avons un dentiste — c’est une grand-mère, illettrée, qui est dentiste. En fait, elle prend soin des dents de 7000 enfants. La technologie des va-nu-pieds : c’était en 1986 — aucun ingénieur, aucun architecte n’y a pensé — mais nous collectons l’eau de pluie qui s’écoule sur les toits. Très peu d’eau se perd. Tous les toits sont connectés sous terre à un réservoir de 400 000 litres, et on ne perd pas d’eau. Si nous avons quatre années de sécheresse, nous avons toujours de l’eau sur le campus, parce que nous collectons l’eau de pluie.

60% des enfants ne vont pas à l’école, parce qu’ils doivent s’occuper des animaux — moutons, chèvres — tâches ménagères. Alors nous avons pensé à lancer une école du soir pour les enfants. Parce que les écoles du soir à Tilonia, plus de 75 000 enfants sont passés par ces écoles. Parce que c’est plus simple pour l’enfant ; ce n’est pas pour arranger le professeur. Et qu’enseignez-vous dans ces écoles ? La démocratie, la citoyenneté, comment mesurer vos terres, que faire si vous êtes en état d’arrestation, que faire si votre animal est malade. Voilà ce qu’on enseigne dans ces cours du soir. Mais toutes ces écoles ont un éclairage solaire.

Tous les cinq ans nous avons une élection. Des enfants âgés de six à 14 ans participent à un processus démocratique, et ils élisent leur premier ministre. Le premier ministre est un enfant de 12 ans. Elle s’occupe de 20 chèvres le matin, mais elle est premier ministre le soir. Elle a un conseil des ministres, un ministre de l’éducation, un ministre de l’énergie, un ministre de la santé. Et ils surveille et supervisent vraiment 150 écoles pour 7000 enfants. Elle a gagné le World’s Children’s Prize il y a cinq ans, et elle s’est rendue en Suède. C’était la première fois qu’elle quittait son village. Elle n’avait jamais vu la Suède. Elle n’était pas éblouie par ce qui se passait. Et la reine de Suède, qui était là, s’est tournée vers moi et a dit, "Pouvez-vous demander à cette enfant d’où elle tient sa confiance en elle ? Elle n’a que 12 ans, et rien ne la perturbe." Et la fille, qui se tenait sur sa gauche, s’est tournée vers moi et a regardé la reine droit dans les yeux et a dit, "S’il te plaît, dis-lui que je suis le premier ministre."

(Rires)

(Applaudissements)

Dans les zones où le pourcentage d’illettrisme est très élevé, nous utilisons le spectacle de marionnettes. Les marionnettes sont la façon par laquelle nous communiquons. Vous avez Jaokim Chacha qui a 300 ans. C’est mon psychanalyste. C’est mon professeur. C’est mon docteur. C’est mon avocat. C’est mon donneur. En fait, il collecte de l’argent, résout mes disputes. Il résout mes problèmes au sein du village. S’il existe une tension dans le village, si le taux de présence à l’école diminue et il existe une tension entre le professeur et le parent, la marionnette convoque le professeur et le parent devant tout le village et leur dit, "Serrez-vous la main. Le taux de présence ne doit pas chuter." Ces marionnettes sont fabriquées avec des rapports recyclés de la Banque Mondiale.

(Rires)

(Applaudissements)

Au final cette approche décentralisée et démystifiée de l’alimentation solaire pour les villages, nous avons couvert les quatre coins de l’Inde du Ladakh au Bhoutan — que des villages alimentés par de l’énergie solaire installé par des personnes qui ont été formées. Et on s’est rendu dans le Ladakh et nous avons demandé à cette femme — ceci, à une température de moins 40 degrés, tu dois descendre du toit, parce qu’il n’y pas de place, il était complètement enneigé des deux côtés — et nous avons demandé à cette femme, "Quel étaient les avantages de l’énergie solaire ?" Elle a réfléchi une minute avant de nous répondre, "C’est la première fois que je peux voir le visage de mon mari en hiver."

(Rires)

On est allé en Afganistan. Une leçon que nous avons tirée de notre expérience indienne est que les hommes sont impossibles à former. (Rires) Les hommes sont impatients, les hommes sont ambitieux, les hommes s’agitent de façon compulsive, et ils veulent tous obtenir un certificat. (Rires) Partout dans le monde, vous observez cette tendance des hommes à vouloir un certificat. Pourquoi ? Parce qu’ils veulent quitter le village pour aller en ville, chercher un emploi. Alors on a finit par trouver une super solution : on forme des grands-mères. Quelle est la meilleure façon de communiquer dans le monde aujourd’hui ? La télévision ? Non. Le télégraphe ? Non. Le téléphone ? Non. Dites-le à une femme.

(Rires)

(Applaudissements)

Alors on est allé en Afghanistan pour la première fois, et on a sélectionné trois femmes et on a dit, "Nous voulons les emmener en Inde." Elles ont répondu, "Impossible. Elles ne quittent même pas leurs chambres, et vous voulez les emmener en Inde." J’ai dit, "Je vais faire une concession. Je vais prendre les maris aussi." Alors j’ai aussi emmener les maris. Bien entendu, les femmes étaient bien plus intelligentes que les hommes. En six mois, comment allons-nous faire pour changer ces femmes ? Language des signes. Vous ne choisissez pas l’écrit. Vous ne choisissez pas l’oral. Vous utilisez le language des signes. Et en six mois elles peuvent devenir des ingénieurs en énergie solaire. Elles reviennent dans leur village et sont capables installer l’électricité à l’énergie solaire.

Cette femme est revenue et a installé l’électricité à l’énergie solaire dans le premier village, elle a monté un atelier — le premier village d’Afghanistan à s’équiper pour l’électricité solaire l’a été grâce à ces trois femmes. Cette femme est une grand-mère extraordinaire. 55 ans, et elle s’est chargée d’installer l’électricité par énergie solaire pour 200 foyers en Afghanistan. Et ils ne sont pas tombés en panne. En fait, elle s’est rendue dans un département d’ingénierie en Afghanistan et a appris au responsable du département la différence entre Courant direct et courant continu. Il ne savait pas. Ces trois femmes ont formé 27 autres femmes et ont installé l’électricité par énergie solaire pour 100 villages en Afghanistan.

Nous sommes allés en Afrique, et nous avons fait la même chose. Toutes ces femmes assises autour de la même table, venant de huit, neuf pays différents, discutant toutes avec les autres, sans même comprendre un mot, parce qu’elles parlent toutes un langage différent. Mais leur langage gestuel est incroyable. Elles se parlent entre elles et deviennent vraiment des ingénieurs en énergie solaire. Je suis allé au Sierra Leone, et ce ministre était en train de conduire dans l’obscurité la plus totale — il traverse ce village. Il revient, entre dans le village, et dit, "Et bien qu’est-ce qui s’est passé ?" On lui a répondu, "Ces deux grands-mères ... " "Des grands-mères ?" Le ministre ne pouvait pas en croire ses yeux. "Ou sont-elles allées ?" " Elles sont allées en Inde et puis sont revenues." Il est allé directement voir le président. Il a dit, "Savez-vous qu’il y a un village alimenté en énergie solaire en Sierra Leone ?" Il a répondu, "Non." La moitié des ministres sont allés voir les grands-mères le lendemain. "Qu’est-ce qui c’est passé." Alors il m’a appelé à l’aide et a dit, "Pouvez-vous me former 150 grands-mères ?" J’ai dit, "Je ne peux pas, M. le Président. Mais elles le feront. Les grands-mères le feront." Alors il a construit pour moi le premier centre de formation pour va-nu-pieds en Sierra Leone. Et 150 grands-mères ont été formées en Sierra Leone.

La Gambie : nous sommes allés sélectionner une grand-mère en Gambie. Nous sommes allés dans ce village. Je savais quelle femme je voulais prendre. La communauté s’est rassemblés et a dit, "Prenez ces deux femmes." J’ai dit, "Non, je veux prendre cette femme." Ils ont dit, "Pourquoi ? Elle ne connaît pas le langage. Vous ne la connaissez pas." J’ai répondu, "J’aime son langage du corps. J’aime la façon qu’elle a de parler." "Elle a un mari prénible ; pas possible." J’ai appelé le mari, le mari est venu, la démarche arrogante, un politicien, le téléphone mobile à la main. "Pas possible." "Pourquoi pas ?" "La femme, regardez comme elle est belle." J’ai dit, "Oui, elle est très belle." "Que se passe-t-il si elle part avec un Indien ?" C’était sa plus grande peur. J’ai dit, "Elle sera heureuse. Elle vous appellera sur le téléphone portable." Elle a quitté son pays comme une grand-mère et est revenue comme un tigre. Elle est sortie de l’avion et s’est adressée à toute la presse comme un vétéran. Elle a fait face à la presse nationale, elle était une star. Et quand j’y suis retourné six mois plus tard, j’ai demandé, "Où est votre mari ?" "Oh, quelque part. Cela n’a pas d’importance." (Rires) Mission réussie.

(Rires)

(Applaudissements)

Je vais simplement conclure en disant que je ne pense pas qu’on doive chercher les solutions à l’extérieur. Cherchez les solutions à l’intérieur. Et écoutez les gens en face de vous qui connaissent les solutions. Ils sont partout dans le monde. Ne vous inquiétez pas. N’écoutez pas la Banque Mondiale, écoutez les gens qui ont les pieds sur terre. Ils ont toutes les solutions pour le monde entier.

Je finirai en citant Mahatma Gandhi. "Au début ils vous ignorent, et puis ils se moquent de vous, et puis ils vous combattent, et puis vous gagnez."

Merci.

(Applaudissements)

 
 
 

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